Le mot du secrétaire du CHSCT

Le CHSCT a eu à cœur en 2016 de reprendre ses visites d’inspections réglementaires, et d’intervenir chaque fois que c’était nécessaire, et de promouvoir la prévention des RPS et la qualité de vie au travail. Le Théâtre Forum a été le point d’orgue de cette politique menée conjointement par la direction et le syndicat CGT. Il a rencontré un succès mérité, et le CHSCT souhaite accompagner la conscientisation qui en a découlé, par des actions qui assureront la continuité de cette action, notamment la publication de la liste des techniques de managements pathogènes, ainsi que la création du groupe « Qualité de vie au travail ».

Cependant, même si le CHSCT a toujours rencontré la bienveillance de la direction dans son action, nous ne pouvons manquer de souligner le contexte général extrêmement défavorable de la période. L’année 2016 a été en effet marquée par l’application de la loi santé et la mise en place des GHT. Outre l’extrême inquiétude quant à la place de la psychiatrie au sein du GHT partagée par l’ensemble des collègues, l’augmentation croissante de la pression sur l’hôpital public, les cinq suicides de soignants sur leurs lieux de travail, l’autisme de nos autorités tutélaires et leurs injonctions paradoxales mènent à une augmentation du niveau de tension et de stress au travail qui sabotent tous les efforts effectués par l’institution en terme de qualité de vie au travail et de prévention des risques professionnels.

Le NHN dans ce contexte, a tant bien que mal traversé ces zones de turbulences, et cherche à maintenir son fragile équilibre, dans un cadre généralisé où il se trouve démuni, chaque jour un peu plus, de ses outils de navigations au profit du Titanic qu’est devenu le GHT, monstre indirigeable, usine à gaz à la merci du premier iceberg sur son passage.

Les GHT ne sont que le dernier avatar des politiques d’austérité qui démantèlent chaque année un peu plus l’hôpital publique. L’injonction paradoxale d’obliger les établissements de soins à faire de la meilleure qualité de soins avec moins de moyens, tout en les rendant responsable de la prévention des risques psychosociaux est insoluble. Dans ce contexte, la politique de prévention des RPS qu’on agite dans tous les CHSCT, et les moyens mis en œuvre dans cette lutte par les institutions et les discours sur la « qualité de vie au travail » pèsent bien peu devant la réalité de la dégradation des conditions de travail et l’impossibilité pour les agents de mener à bien leurs missions.

Bien sur en 2017 nous ambitionnons d’être des acteurs de premier plan pour l’amélioration des conditions de travail, y compris sur le terrain de la « qualité de vie au travail » et de la prévention des RPS, mais nous ne pouvons que souligner l’apparente dérision de ces actions face aux mutations en cours !
De plus la nécessaire implication des cadres dans cette politique institutionnelle devra s’accompagner d’une plus grande attention et bienveillance pour une fonction de plus en plus malmenée, structurellement inconfortable, dans laquelle il semble de plus en plus difficile de s’épanouir. (Prendre soin de ceux qui prennent soin de ceux qui nous soignent). Nous nous attèlerons aussi à alerter suffisamment à l’avance en cas de risque de croiser un iceberg… et pouvoir éviter un naufrage annoncé?

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